Porcheries Zéro Nuisance

Introduction

Le lisier de porc

En France, la très grande majorité des porcs est élevée sur caillebotis, à tous les stades. Les déjections qui traversent le caillebotis sont alors stockées dans le bâtiment d’élevage pendant plusieurs semaines à plusieurs mois. Ce mélange des déjections, auquel il faut ajouter des restes d’aliments, de l’eau de boisson gaspillée ou l’eau de lavage constitue le lisier.

Ce produit n’est pas inerte dans le bâtiment. Il se transforme par des processus biologiques. La production de gaz et d’odeurs en élevage porcin est liée à la dégradation des déjections, urine et fèces, produites par les porcs. Le bâtiment d’élevage est le siège d’une partie importante de ces dégradations. Ainsi, lorsque le lisier est stocké temporairement sous les animaux, 25 % de l’azote excrété par le porc dans les urines et fèces est volatilisé sous forme de molécules gazeuses azotées (NH3, N2O) dans le bâtiment d’élevage (CORPEN, 2003). L’élevage produit également une très grande variété de produits mal odorants. Plus de 250 substances peuvent être identifiées dans l’air des porcheries. Certaines sont associées aux nuisances olfactives et peuvent être caractéristiques du mode d’élevage (Begnaud et al., 2004).

Effets du lisier sur le milieu

La contamination des eaux par les lisiers provient principalement de deux macro-éléments et de leurs composantes biologiques. L’azote (N), le phosphore (P) et les bactéries coliformes présentent une menace pour la qualité de l’eau lorsque leur concentration est plus élevée que les niveaux déterminés dans la réglementation.

Les conséquences peuvent être considérées à deux niveaux soit : une dégradation de la qualité de l’eau, qui n’a pas d’effet direct sur la santé humaine et qui vient généralement de l’eutrophisation par le développement d’algues ou de végétations aquatiques, dû à des niveaux élévés de N et de P (CCMRE 1987; Lorimer 1995) et une contamination qui vient des NO3- et des bactéries. Cette contamination peut provenir de deux types de sources : ponctuelle avec les déversements accidentels et/ou un entreposage non étanche, diffuse avec les pertes par ruissellement, lessivage et érosion (OMAF, 1994a). Les sources de pollution diffuse sont toutefois beaucoup plus difficiles à isoler. Un contenu élevé d’éléments nutritifs/fertilisants dans l’eau peut aussi déclencher d’autres réactions chez les microorganismes aquatiques et avoir un effet néfaste sur la vie aquatique (Anderson, 1998).

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